16 12 2007

Pour une véritable autonomie de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Catégorie : Sur le vif

Jérôme Bourdieu, économiste, INRA

Didier Chatenay, physicien, CNRS

 

Plus d’autonomie pour les universités avec la réforme Pécresse ? Tout au contraire, il s’agit de remettre sous le joug de la logique marchande le monde de l’enseignement et de la recherche qui, au fil des siècles avait progressivement réussi à se constituer en espace autonome. Usant du procédé désormais banal qui consiste à prendre les mots les plus progressistes pour servir les politiques les plus réactionnaires, le gouvernement lorsqu’il parle d’autonomie pense en réalité abandon du service public et transformation des établissements d’enseignement et de recherche en des centres de gestion locaux qui seront chargés de valoriser leur patrimoine immobilier et de lever des fonds privés, d’offrir des formations et des recherches appliquées bien ajustées aux attentes des entreprises et de motiver par des primes un personnel de plus en plus largement composé de vacataires et de contractuels.

 

Une véritable autonomie est nécessaire

A l’opposé de cette réforme, une politique favorable à la création culturelle, à l’innovation scientifique, à production et la diffusion de savoir et de connaissance, implique de tout autres choix : la véritable autonomie ne consiste pas à transformer les universités en centre de profit mais à construire un espace collectif stable où prévalent un mode d’organisation et un système de règles de fonctionnement interne définis collectivement et acceptés par les acteurs qui en font partie. Le seul objectif d’une autonomie ainsi définie est de garantir la production et la diffusion d’un savoir validé collectivement et gouverné par des arguments purement rationnels, c’est-à-dire affranchi des pressions d’ordre religieux, politique ou économique.

Il suffit d’évoquer Giordano Bruno, brûlé vif sur les ordres de l’Inquisition en 1600, les sombres heures du lyssenkisme dans l’ex-URSS aux alentours des années 1950, ou encore l’échec des corporate universities des grandes firmes américaines, pour réaliser qu’à chaque fois que l’autonomie du champ scientifique est menacée, chaque fois que l’on veut soumettre à des fins hétéronomes, politiques, économiques ou idéologiques, les fonctions sociales propres à la science, fonctions de production, de certification et de transmission du savoir, c’est la possibilité même d’une création proprement scientifique qui est remise en cause. .

 

Comment garantir une véritable autonomie ?

Le monde de l’enseignement et de la recherche ne peut remplir pleinement sa fonction sociale qu’à la condition de n’être soumis à aucune autre sphère de la société et cette force est aussi sa faiblesse : tant que la société, par l’intermédiaire de l’Etat, ne lui donne pas les moyens d’une existence propre et autonome, il est menacé de disparaître, d’être pris dans des intérêts partisans, des jeux de pouvoir dont l’issue dépend des ressources économiques ou militaires des différents protagonistes. Seule l’autonomie garantie par la puissance publique peut permettre de mettre à la libre disposition de la société la production de ce champ tout entière.

Pour cela, la forme que prend le soutien de l’Etat à l’égard de l’université et de la recherche doit être aussi globale et inconditionnelle que possible : il ne s’agit pas, en effet, d’échapper à la logique de la commande privée pour subir celle de la commande publique, c’est-à-dire de produire un enseignement et une recherche programmés en fonction du calendrier et des préoccupations des politiques et des pouvoirs publics. La seule voie crédible pour une réelle autonomie de la recherche est un engagement financier pluriannuel et inconditionnel de l’Etat, expression d’un choix social, auprès d’institutions d’enseignement et de recherche, fortes de personnels statutaires et de structures interne pérennes et entièrement définies dans le but de la création de savoir et de connaissance. Cette vision est totalement incompatible avec la logique libérale aujourd’hui dominante qui veut que soit confié au marché le soin de régler les choix sociaux, choix scientifiques et éducatifs compris.

 

L’autonomie, un concept moderne et essentiel pour d’autres champs

Ce plaidoyer pour l’autonomie n’est en effet pas un plaidoyer pro domo que l’université et la recherche se réserveraient à elles-mêmes. Au contraire, la construction d’espaces sociaux autonomes, fondée sur la volonté collective, dépasse le cas de l’université et de la recherche et constitue un moteur essentiel au développement d’une société démocratique. Le cas de la justice est le plus évident et son indépendance ne peut être constituée que par l’action permanente et indéfectible de la puissance publique qui donne aux juges les moyens d’exercer leur magistère indépendamment de toutes les pressions financières, politiques, religieuses ou autres. Mais il en va de même dans bien d’autres domaines et, notamment, dans le domaine de la santé, de la culture, dans l’information alors que l’emprise néolibérale fait reculer ce principe partout. Guidé par la recherche du « moindre coût », la logique du profit consume en gains économiques instantanés le produit d’une accumulation sociale et collective qui dure parfois depuis plusieurs siècles en privatisant tout ce qui a été capitalisé dans le domaine de la santé et des hôpitaux publics, dans celui de la culture, de l’enseignement et de la recherche, ou même du sport. Il suffit de voir le discrédit et la défiance qu’inspirent aujourd’hui une presse et des médias de plus en plus soumis à la logique du profit économique pour voir où conduit un tel processus1.

 

Une autonomie exigeante

La revendication d’autonomie, partagée par de nombreux champs de la société, est une revendication légitime par ce qui la fonde et par les obligations qu’elle génère : il ne s’agit pas de dire que l’engagement collectif et les ressources mobilisées pour assurer le fonctionnement de ces univers autonomes puissent l’être sans retour ni contrepartie. La pérennité de chaque champ dépend de sa capacité à montrer à la société la nécessité de son existence et de son action, à convaincre chacun de la qualité de ses réalisations. Aussi faut-il que chaque citoyen dispose des moyens de se sentir partie prenante de chacun de ces univers sociaux et qu’il en perçoive l’intérêt, même s’il n’en est pas acteur mais seulement l’usager. Chacun doit pouvoir être juge de la qualité du système de santé, de la justice, de l’information, de la recherche, de l’éducation. Le rôle de l’enseignement général, du primaire au supérieur, est essentiel à cet objectif et cela suffit à rendre légitimes les ambitions les plus grandes en matière de démocratisation scolaire et d’ouverture des universités.

 

Il faut continuer la lutte pour l’autonomie

Cette vision de l’autonomie de l’enseignement supérieur et de la recherche constitue la seule vision d’avenir contenant toutes les possibilités d’évolution nécessaires au maintien d’un haut niveau d’exigence dans les diverses activités que ce champ regroupe. Le programme de réformes que propose le gouvernement actuel est l’exact contrepied d’une telle ambition. Il est fondé sur une analyse profondément erronée de la situation et, qui plus est, parfaitement contreproductive, y compris relativement aux objectifs qu’elle prétend défendre. La volonté d’assujettissement de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en France qui est à la base de cette politique de pilotage par la commande publique ou privée et qui imprime son sceau sur les modes de fonctionnement comme sur la définition des objectifs, est parfaitement suicidaire : incompatible avec une logique d’invention et de créativité, elle pousse le système, aussi bien dans l’enseignement que dans la recherche, vers un travail de réplication servile. Aujourd’hui plus que jamais, l’autonomie de ce champ reste à construire ; il y a malheureusement fort à parier que cette construction sera l’objet d’un long combat.

 

1 Il y a des raisons profondes à la défiance du pouvoir vis-à-vis d’une réelle autonomie de l’université et de la recherche mais aussi vis-à-vis d’une justice ou de médias réellement indépendants. On trouvera dans une version plus longue de ce texte disponible sur internet un certains nombre d’explications à une telle défiance.

13 12 2007

Le Canard Enchaîné : Des choses qui n’existent pas

Catégorie : La presse en parle

Le Canard Enchaîné : Des choses qui n’existent pas

mercredi 12 décembre 2007

de Jean-Luc Porquet

AVEZ-VOUS entendu parler de Pierre ? C’est un lycéen de Nantes. Il a 17 ans. Voilà deux semaines, le mardi 27 novembre, il est allé manifester contre la réforme sarkozyste de l’université. Il se trouvait sur les pelouses du rectorat, avec un bon millier de manifestants, quand les CRS et les flics sont, arrivés, et ont chargé. Brutalement. En tirant au Flash-bail. Pierre a reçu une balle dans l’oeil. Transporté en urgence à l’hôpital. Dès le lendemain, le préfet se sentait en mesure d’affirmer aux journalistes que le diagnostic était « plutôt rassurant ». Ce préfet est formidable. Il est plus rapide que les médecins du CHU. Lesquels, deux jours plus tard, estimaient le pronostic « incertain » et relevaient un « potentiel de risque de perte complète de la fonction visuelle » : « Des complications peuvent-survenir (décollement de la rétine, glaucome post-traumatique). » A l’heure qu’il est, Pierre est sorti de l’hôpital. Il a 23 jours d’ITT. Et le pronostic est toujours incertain.

Alors, aviez-vous entendu parler de Pierre ? Les médias ont été d’une discrétion de violette à son sujet. Après tout, un gamin qui risque de perdre un oeil, ça n’est guère une information. Il n’avait qu’à pas. Il ne nous intéresse pas. Les seules victimes dignes d’attention sont celles auxquelles s’intéresse l’omniprésident Sarkozy.

Savez-vous qu’à Nantes, le jeudi 29, près de quatre mille jeunes ont manifesté pour protester contre les violences policières, et notamment celle-là ? Il semblerait que tout le monde ne trouve pas parfaitement normal le fait que le droit de manifester s’accompagne désormais du droit à avoir un oeil en moins. Mais qu’est-ce que quatre mille personnes ? Dans les médias nationaux, rien ou presque. Savez-vous qu’en fin de semaine dernière 30 universités françaises étaient encore bloquées ? 31 selon SUD-étudiants, entre 13 et 17 selon les anti-bloqueurs de « Libère ta fac »… Et que 41 lycées l’étaient aussi ? Là encore, les médias ont été d’une discrétion remarquable. Après tout, les principaux syndicats lycéens et étudiants Fidl, UNL et Unef ne soutiennent plus le mouvement, donc la ministre Pécresse a gagné, donc les blocages n’ont plus lieu d’être, donc c’est comme s’ils n’existaient pas, donc ils n’existent pas : pourquoi parler de choses qui n’existent pas ?

Pour être informé du fait que les facs françaises bougent, qu’elles bruissent encore de débats, d’assemblées générales, de manifs, de grèves, il n’y avait, ces derniers quinze jours, qu’un seul recours : les sites Internet du réseau Indymedia, à Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, ou Rebellyon à Lyon, Bellaciao à Paris, etc. Le tout formant une sorte de vaste place publique où claquent au vent les dazibaos, vivante, engagée, subjective, alimentée par des militants (donc pas forcément fiable : il faut recouper), avec tracts, vidéos, photos, appels à manifester, agit-prop, agendas, etc. Oui, c’est sur ce média alternatif, multiforme ouvert et bordélique qu’on pouvait (et qu’on peut toujours) s’en apercevoir, tellement il déborde de contributions ces jours-ci : la loi Pécresse, même assaisonnée de quelques milliards, ne fait toujours pas l’unanimité. Une info à transmettre à TF1…

13 12 2007

Pour rétablir un certain nombre de vérités…

Catégorie : Le Comité de Mobilisation vous informe

A la suite du communiqué du 11 décembre du Président annonçant la fermeture administrative du site de Censier jusqu’à nouvel ordre et le report du conseil d’administration prévu le vendredi 14 décembre, il semble nécessaire de rétablir un certain nombre de vérités.

Mardi 11 décembre au matin une délégation, issue des comités de mobilisation étudiants et personnels, a rencontré le Président afin de discuter des modalités de poursuite de la mobilisation en cas de déblocage éventuel.

Contrairement à ce qu’affirme Bernard Bosredon dans son communiqué, la délégation n’a obtenu aucune véritable garantie sur les revendications exprimées. Le Président a prétexté en effet que leur approbation ne relevait pas de sa fonction mais qu’elle devait être soumise aux différentes instances concernées (CA, CEVU, intendance…).

Cette version a été confirmée par tous les membres de la délégation du 11 décembre :

Pour le comité de mobilisation des personnels : Michel Bernard (PR), Véronique Chatagner (IE, SCUIO), Hélène Quanquin (MCF).

Pour le comité de mobilisation étudiant : Louis Daubresse (L3 cinéma, militant du SEUL), Laetitia Fall (CAPES d’italien, militante de l’UNEF).

Après de longs débats, l’assemblée générale étudiante, estimant que l’absence d’engagement du Président ne permettait ni de certifier la non pénalisation des étudiants aux examens, ni de garantir la poursuite de la mobilisation après la levée du blocage, a voté la reconduction de celui-ci (504 pour, 391 contre, 34 abstentions, 3 NPPV) jusqu’à la prochaine AG prévue après la tenue du conseil d’administration, devant lequel une délégation devait soumettre à nouveau ses revendications.

L’entière responsabilité de la fermeture administrative et du report du conseil d’administration incombe au Président Bernard Bosredon qui ferme ainsi la porte à tout dialogue possible.

Nous condamnons fermement cette escalade répressive du président et les insinuations figurant dans son communiqué : elles ne visent qu’à le dégager de ses propres responsabilités.

Nous restons ouverts à tout dialogue avec la présidence et appelons l’ensemble de la communauté universitaire à participer à une assemblée générale commune le vendredi 14 décembre à 14h00 devant Censier.

SIGNATAIRES :

Comité de mobilisation étudiant de Paris 3, Comité de mobilisation des personnels.

05 12 2007

France : les médias briseurs de grève

Catégorie : La presse en parle

Le mouvement social en France, principalement emmené par les cheminots et les étudiants, pose une nouvelle fois la délicate question des médias et de la manière dont ils rapportent ces événements. En l’occurrence, force est de constater que le prisme adopté est lourd de partialité.
Les différentes actions de blocage et de débrayage ont été présentées sous l’angle unilatéral des usagers «pris en otage». Cette fameuse France qui se lève tôt pour aller travailler (et gagner plus) serait brimée dans ses droits démocratiques élémentaires. Pas fou, le président français Nicolas Sarkozy joue cette carte pour obtenir un pourrissement du mouvement.
Ce qui pose une deuxième question: dans le traitement médiatique, où sont passées les revendications des grévistes? Les régimes dits spéciaux –la possibilité de partir à la retraite après 37,5 annuités– sont présentés comme un privilège suranné. Le choeur joue à l’unisson une partition dont se dégage le portrait de salariés nantis et égoïstes[1].
L’idée de profiter des événements pour donner quelques informations un peu fouillées sur les réalités de ces métiers, leur pénibilité et, par exemple, l’espérance de vie des professionnels du rail semble saugrenue. L’économiste de gauche Michel Husson[2] rappelle pourtant que les cheminots touchent rarement une pension complète: il leur manque, en moyenne, sept à huit ans.
Derrière cet allongement de la durée de cotisation se niche une autre réalité: le but est bien de réduire les rentes pour tous. Le combat est donc tout sauf sectoriel ou corporatiste, comme le fait croire l’armada des faiseurs d’opinion. Les gens savent compter et se rendent compte que leur pouvoir d’achat est dans le collimateur.
On ne peut s’empêcher de penser aux grèves de 1995. Là aussi, dans une touchante unanimité, les médias avaient vilipendé ces «privilégiés». Il avait fallu deux semaines de blocages pour que, enfin, un autre son de cloche puisse se faire entendre. Ceux qui aujourd’hui affirment que, «contrairement à 1995», les grévistes n’ont pas le soutien de la population ont aussi la mémoire courte et sélective.
Ce qui est d’autant plus déplorable qu’un décryptage des errements de la presse avait été opéré. Le collectif animé par Pierre Bourdieu y avait même consacré un ouvrage dévastateur[3]. Mais le poids des idéologies est fort. Suffisamment pour faire bégayer le concert médiatique.
Résultat: une méfiance accrue par rapport au rôle des médias. Le journal Le Monde a publié dans son édition de samedi un éditorial pour se disculper. Visiblement, certains journalistes se sont fait houspiller par les grévistes qui leur reprochent leur parti pris. Argument balayé du revers de la main par le journal: les Français-es ont choisi un Nicolas Sarkozy qui n’avait rien caché de ses options en la matière, circulez, il n’y a rien à voir.
Ce genre de dérive est une illustration que les médias ne sont pas seulement le lieu où se confrontent les opinions; ils sont aussi un puissant vecteur permettant à l’idéologie dominante de s’imposer.

PHILIPPE BACH
Le Courrier (quotidien suisse), lundi 19 novembre 2007

Notes :
[1]Voir un article de Denis Perais sur le site du collectif Action critique medias (Acrimed), «Régimes spéciaux : journalistes ou attachés de presse du gouvernement ?»
[2]Michel Husson, «SNCF, RATP, EDF, GDF: une réforme peut en cacher une autre», sur www.hussonet.free
[3]Collectif: Le «Décembre» des intellectuels français, Liber Raisons d’Agir, 1998.

05 12 2007

Deux syndicats lycéens veulent lancer une forte mobilisation contre la loi Pécresse

Catégorie : La presse en parle

Des assemblées générales et blocages de lycées contre la loi sur l’autonomie des universités ont gagné, mardi 20 novembre, de nouveaux établissements. Lundi, un lycée de Lille et quatre de Basse-Normandie avaient été bloqués.

Selon le rectorat de Caen, de petits groupes d’une cinquantaine de lycéens ont installé des barrages devant les entrées des établissements. Au ministère de l’éducation nationale, un conseiller de Xavier Darcos relativise ces incidents : “Il faut bien garder en tête qu’il ne s’agit que de cinq lycées sur un total de 2 600.”
Mardi après-midi, les deux organisations lycéennes, la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) et l’UNL (Union nationale lycéenne) devaient manifester aux côtés des agents de la fonction publique et des étudiants contre la loi Pécresse.
Dans la plupart des établissements, les militants ont organisé, lundi, une journée de préparation à la mobilisation. Selon la FIDL, “128 assemblées générales” se seraient tenues, lundi, dans une quarantaine de villes, parmi lesquelles Paris, Lyon, Marseille, Caen, Bordeaux, Rouen, Strasbourg ou Besançon. Le syndicat demande désormais le retrait de la loi Pécresse.
Selon Tristan Rouquier, son président, “la préinscription désormais obligatoire à l’université est un premier pas vers la sélection à l’entrée des universités”. Le leader lycéen dénonce une loi “floue”, “ultratechnique, qui laisse des tas de portes ouvertes dangereuses”.

SIT-IN ET BLOCAGES

La FIDL se défend de tout lien avec une organisation étudiante, même si au moment de la mobilisation contre le contrat première embauche (CPE), elle était apparue proche de la Confédération étudiante. Le syndicat lycéen a appelé à une nouvelle mobilisation, jeudi 22 novembre, jour de la manifestation décidé, dimanche à Tours, par la coordination nationale étudiante. Des assemblées générales, des sit-in, des happenings, des manifestations et des blocages sont prévus.
L’autre organisation lycéenne, l’UNL, monte aussi au créneau depuis quelques jours. Plutôt proche de l’UNEF, elle tente de se positionner entre abrogation et modification de la loi Pécresse. “Nous réclamons le retrait de la préinscription obligatoire. Cette solution, censée répondre à un taux d’échec important en première année, n’est pas la bonne”, explique Floréale Mangin, la présidente de l’organisation, qui sera reçue mercredi par Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur. L’UNL demande notamment la mise en place d’un “véritable service public d’orientation, doté des moyens nécessaires pour dispenser une information de qualité à tous les élèves avant leur entrée dans le système universitaire”, et “une amélioration de la pédagogie au lycée” pour faciliter la transition avec l’enseignement supérieur.
L’UNL et la FIDL se retrouvent sur la question des blocages. Sans appeler à ce mode d’action, les deux organisations ne les condamnent pas pour autant. Seul l’UNI-lycée (proche de l’UMP) s’est insurgée, lundi, contre les “blocages des lycées” et “l’intrusion d’individus extérieurs aux lycées”.

Catherine Rollot
Article paru dans l’édition du 21.11.07.